On ne reste pas très longtemps dans le Lot et la D673 rallie sur 23 km Gourdon puis Salviac et Montcléra.
Gourdon, c’est la troisième ville du département... avec moins de 4.000 habitants. Ça surprend toujours.
Les gens y sont sympas, les activités culturelles, sportives et de nature nombreuses. Les forêts occupent une bonne partie du territoire, majoritairement privées, mais où on ne vous cherchera pas noise si vous vous y promenez.
Le personnel de l’Office de tourisme de Gourdon est accueillant et vous pouvez vous connecter gratuitement au wifi dans une pièce dédiée.
Bonnes adresses pour les Ch’tis
Gourdon, c’est aussi le coin des bonnes affaires grâce au Secours populaire qui récolte une masse de meubles massifs vendus à des prix ridicules dans un local fort fourni grand comme un supermarché.
Enfin, le secteur offre plusieurs plans d’eau ouverts à la pêche et aux loisirs dont l’immense « Écoute s’il Pleut » de 40 ha.
Le centre-ville est original, bâti sur une colline entourée de remparts. Pour les Ch’timis, le bar à bières Syrius’s House (Tel. : 05 81 58 05 06 / près de Biocoop) est tenu par un jeune couple sympathique de Marquise (Boulogne/Mer), comme la Maison de la Presse par un ex-Arrageois ou Dominique Crammer (Béthune) au Secours populaire qui tous prendront plaisir à vous renseigner sur ce qu’il y a de mieux à découvrir.
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Retour à la civilisation
Ensuite direction Salviac et Montcléra (260 hbts) qui valent pour leurs vieilles pierres et l’environnement, les rivières et quelques étangs.
Et on est tout de suite dans le Lot-et-Garonne avec Fumel comme première grande étape. La ville fut importante par son industrie métallurgique et conserve des productions plasturgiques.
De Fumel à Villeneuve-sur-Lot, la route est aisée et les routes du sud-ouest sont souvent bordées de haltes aménagées en bordures d’étangs et de rivières. Ici, c’est le cas et on peut profiter à la fois de routes agréables et de haltes sympathiques. Sur votre droite de la D911, des prés, des étangs... Sur votre gauche, les bords du Lot. Si vous le pouvez, changez pour cheminer sur la rive gauche du Lot où les haltes champêtres sont plus nombreuses.
Villeneuve, un patrimoine impressionnant
Villeneuve est une ville de 22.000 habitants dont les entrées et sorties sont moches comme presque toutes les villes de France. Ici, c’est hypers, supers et inters marchés de toutes sortes. Mais on est vite en ville où le patrimoine est impressionnant.
Pas moins de 25 édifices religieux à visiter, 4 châteaux, deux portes monumentales de rempart, des ponts datant partiellement du XIIIᵉ siècle ; le site gallo-romain d’Excisum à 1,5 km du centre-ville... Et le Lot, qui coule tranquille d’est en ouest et renforce le caractère paisible de la cité.
On s’y sent bien.
Un anar Ch’ti à Villeneuve

C’est ici que Benoît Broutchoux choisit d’y finir sa vie. Le syndicaliste anarchiste de Lens - et d’un peu partout - n’avait plus toute sa tête, rongé par la syphilis quand il y décéda le 2 juin 1944. Dernière contradiction du personnage, l’anar fut enterré religieusement...
Militant sincère, tendance foutraque, il fut pro-communiste et anticommuniste, cégétiste et anticégétiste, pacifiste et belliciste, réduit à trouver du travail comme il pouvait, car pourchassé par la police et les patrons, bistrotier, féministe, promoteur de l’amour libre et de méthodes de contraception qui font peur, journaliste...
Quoi qu’on puisse penser du personnage et de ses contradictions, il fut une figure importante du mouvement ouvrier, notamment après la terrible catastrophe de Courrières.