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La route maritime des Indes

Vasco de Gama, pionnier des Grandes Découvertes

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Mise à jour le 20 janvier 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Colonialisme Portugal

En 1498, Vasco de Gama, navigant sous les ordres du roi Manuel Iᵉʳ du Portugal, devient le premier Européen à atteindre l’Inde par voie maritime en contournant l’Afrique. Cet exploit historique ouvre une route commerciale directe vers l’Orient et inaugure l’âge d’or portugais dans l’océan Indien. Mais derrière cette aventure maritime se cachent des défis humains, des ambitions économiques et des prémices de domination coloniale.

L’Europe en quête de routes maritimes

Les Portugais, pionniers de l’exploration maritime, ont déjà repoussé les limites du monde connu grâce aux efforts d’Henri le Navigateur et de Bartolomeu Dias, qui franchit le Cap de Bonne-Espérance en 1488. Mais la route jusqu’en Inde reste à ouvrir. Le roi Manuel Iᵉʳ du Portugal confie cette mission à Vasco de Gama, jeune navigateur issu d’une famille noble.

Le 8 juillet 1497, Vasco de Gama prend la mer depuis Lisbonne avec quatre navires : le São Gabriel, le São Rafael, la Berrio et un navire de ravitaillement. La traversée est longue et périlleuse. Naviguer dans l’inconnu exige une préparation minutieuse, une maîtrise des vents dominants et des techniques de cartographie.

Après trois mois de navigation, Gama atteint la côte orientale de l’Afrique. Le franchissement du Cap de Bonne-Espérance en décembre 1497 est une victoire cruciale, mais le plus dur reste à venir. L’équipage est affaibli par les maladies, en particulier le scorbut, et les relations avec les populations locales sont souvent tendues.

À Malindi, en Kenya actuel, Gama trouve un allié précieux : un pilote arabe, expert des vents de mousson, qui accepte de guider sa flotte à travers l’océan Indien. Grâce à cette expertise, le 20 mai 1498, Vasco de Gama accoste enfin à Calicut, sur la côte sud-ouest de l’Inde. Cet événement historique marque le premier contact direct entre Européens et marchés asiatiques par voie maritime.

Ambitions et tensions diplomatiques

À Calicut, grand port commercial de l’époque, Gama rencontre le Zamorin, le souverain local. Cependant, les échanges sont loin d’être cordiaux. Les Portugais, armés de leur arrogance européenne et d’une méconnaissance des pratiques commerciales indiennes, offrent des présents jugés médiocres : du tissu grossier, du fer et des produits sans valeur aux yeux du Zamorin.

De plus, le commerce dans l’océan Indien est déjà dominé par les marchands arabes et musulmans. Gama, confronté à cette concurrence, développe une méfiance religieuse et économique qui façonnera les futures expéditions portugaises. Malgré les tensions, il réussit à charger ses navires de précieuses épices avant de repartir pour le Portugal.

Le retour est une épreuve. Le scorbut décime l’équipage et seuls 55 hommes sur 170 survivent. Pourtant, le succès est indéniable. En septembre 1499, Vasco de Gama rentre à Lisbonne avec une cargaison d’épices qui couvre largement les coûts de l’expédition. Le roi Manuel Iᵉʳ salue son exploit et lui confère le titre d’« Amiral des Indes ».

En pionnier des Grandes Découvertes, Vasco de Gama incarne à la fois les espoirs, les ambitions et les contradictions de son époque, laissant un héritage complexe qui continue de susciter débats et réflexions historiques.

Le Cap de Bonne-Espérance, la clé de l’aventure

Le Cap de Bonne-Espérance, découvert par Bartolomeu Dias en 1488, était surnommé le « Cap des Tempêtes » en raison de ses conditions de navigation dangereuses. En franchissant ce cap, Gama ouvre la porte de l’océan Indien à l’Europe. La maîtrise de cette route maritime deviendra essentielle à la domination portugaise sur le commerce mondial.

Les vents de mousson, un savoir arabe

L’une des clés de la réussite de Vasco de Gama réside dans les connaissances des navigateurs arabes. À Malindi, un pilote musulman guide Gama grâce à la maîtrise des vents de mousson, qui permettent de traverser l’océan Indien efficacement. Sans ce savoir local, l’expédition aurait probablement échoué.

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