Liberté Actus
qrcode:https://liberte-actus.fr/956

Cet article est lisible à cette adresse sur le site Liberté Actus :

https://https://liberte-actus.fr/956

Flachez le qrcode suivant pour retrouver l'article en ligne

Arrivée de Vasco de Gama à Calicut en 1498.
Les corridors maritimes et terrestres

Vasco de Gama, explorateur et architecte du colonialisme

Accès abonné
Mise à jour le 23 décembre 2024
Temps de lecture : 4 minutes

Mots -clé

Colonialisme Portugal

La figure de Vasco de Gama (1469-1524) incarne à la fois le triomphe des Grandes Découvertes européennes et la brutalité qui a marqué les débuts du colonialisme. Navigateur portugais de renom, il fut le premier à établir une route maritime directe entre l’Europe et l’Inde en contournant le continent africain.

Ce succès technique et stratégique permet au Portugal de s’imposer comme une puissance commerciale mondiale et d’ouvrir la voie à la domination européenne dans l’océan Indien.

Une réussite économique, mais à quel prix ?

Mais ces expéditions ne furent pas de simples exploits maritimes : elles entraînèrent l’exploitation des territoires conquis, l’imposition culturelle et religieuse, ainsi que des actes de violence extrême. À la fin du XVe siècle, l’Europe était animée par un socle d’expansion économique et religieuse. La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 avait rendu les routes terrestres vers l’Orient dangereuses et coûteuses. Les épices, notamment le poivre, le clou de girofle et la cannelle, étaient des biens de luxe convoités en Europe, et le contrôle de leur commerce représentait une source de richesse inestimable. Sous l’impulsion du roi Manuel Iᵉʳ du Portugal, les explorateurs portugais entreprennent une série d’expéditions maritimes pour contourner ces obstacles.

C’est dans ce contexte que Vasco de Gama fut chargé, en 1497, de franchir les limites du monde connu. En s’appuyant sur les avancées portugaises précédentes, notamment la traversée du Cap de Bonne-Espérance par Bartolomeu Dias en 1488, Gama réussit à naviguer jusqu’à Calicut, un port majeur de la côte indienne. Cette expédition fut marquée par des défis techniques, des tensions diplomatiques avec les autorités locales et des pertes humaines considérables.

Si Vasco de Gama est célébré comme un héros au Portugal, ses méthodes révèlent une réalité plus sombre. Lors de son deuxième voyage en 1502, il revint en Inde avec une flotte militaire et usa de la violence pour imposer la domination portugaise. Des villes comme Calicut furent attaquées, des navires musulmans brûlés avec leurs passagers à bord, et le commerce maritime dans l’océan Indien fut progressivement placé sous contrôle portugais.

Un héritage contrasté

La conquête de Goa en 1510 par Afonso de Albuquerque, successeur de Vasco de Gama, marque une nouvelle étape dans l’expansion portugaise. Goa devient la capitale de l’empire portugais en Orient, un carrefour commercial dépendant de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Cette domination s’accompagne de la destruction de temples hindous, de l’évangélisation forcée des populations locales et de l’imposition de structures administratives et militaires.

L’impact des voyages de Vasco de Gama dépasse largement son époque. Ses explorations permirent au Portugal de devenir, pour un temps, la puissance dominante dans l’océan Indien. En monopolisant le commerce des épices et en installant des forteresses stratégiques, les Portugais posèrent les bases d’un modèle colonial européen qui serait repris par d’autres nations, comme les Hollandais et les Britanniques.

Les populations locales furent soumises à des impôts exorbitants, à des destructions culturelles et à des violences répressives. Les Portugais imposèrent non seulement leur contrôle économique, mais aussi leur influence religieuse à travers l’action des missionnaires, notamment à Goa, devenue un symbole de l’évangélisation forcée.

La brutalité à Calicut

Lors de son deuxième voyage, Vasco de Gama exigea des privilèges commerciaux exclusifs pour le Portugal. Face au refus du Zamorin, le dirigeant local, Gama fit capturer un navire marchand rempli de pèlerins musulmans en route vers La Mecque, pour l’incendier.

Message d'abonnement

Ces articles peuvent vous intéresser :

Soutenez-nous

Faire un don

En 2024, nous avons bâti un journal unique où les analyses se mêlent à l’actualité, où le récit se mêle au reportage, où la culture se mêle aux questions industrielles et internationales. Faites un don pour continuer l’aventure.