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Catastrophe de Liévin

Quatre ans avant Liévin, 16 mineurs mouraient à Fouquières

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Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Catastrophe de Liévin

Le 4 février 1970, aux alentours de 7 h 15 du matin, une formidable explosion se fait entendre à la fosse 6 de Fouquières-lès-Lens.

«  Pour remplacer un ventilateur défectueux dans le puits, des ouvriers avaient travaillé durant la nuit de mardi à mercredi. Leur travail n’était pas terminé à 7 heures lorsque les mineurs, une fois descendus à 600 mètres, s’apprêtaient à prendre leur poste. Ils attendaient à l’entrée du chantier quand l’explosion s’est produite », raconte Le Monde.

Le bilan est de seize morts et douze blessés graves. Quatre victimes étaient originaires de Fouquières, deux de Billy-Montigny, deux de Noyelles-sous-Lens et cinq de Méricourt. Les trois dernières victimes habitaient à Annezin-lez-Béthune, Lillers et Isbergues.

La catastrophe de Fouquières-lès-Lens survient pratiquement cinq ans jour pour jour après la catastrophe du 2 février 1965, qui avait fait 21 morts à Avion.

À la fin des années soixante, entre cinquante et cent mineurs mouraient encore chaque année, à l’occasion d’éboulements survenant au fond de la mine ou lors d’un coup de grisou.

Au lendemain de la catastrophe de Fouquières-lès-Lens, la colère est grande dans le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, touché par de nombreuses fermetures dès le début des années 1960.

L’extraction charbonnière en sursis

De fait, le maximum de production charbonnière en France est atteint en 1958 avec près de soixante millions de tonnes produites, dont près de la moitié dans le Nord-Pas-de-Calais, mais la production française de charbon souffre de la concurrence des pays étrangers et également de celle du pétrole, et l’offre française de charbon devient excédentaire.

En 1960, alors que les stocks s’élèvent à quatorze millions de tonnes, on assiste aux premières fermetures de mines avec le plan Jeanneney.

L’année 1963 est marquée par une grève de grande ampleur. Les mineurs revendiquent un rattrapage de 11 % sur les salaires par rapport au reste du secteur nationalisé, ainsi qu’une quatrième semaine de congés payés.

La direction des Charbonnages de France refusant tout effort, le conflit s’étend et, le 1ᵉʳ mars, le mot d’ordre de grève générale est lancé. On compte 98 % de grévistes dans le Nord-Pas-de-Calais, plus de 93 % en Lorraine et presque 50 % à Blanzy. Le Général de Gaulle signe le lendemain (2 mars 1963) un décret de réquisition des Houillères, qui envenime la situation en renforçant le mouvement des mineurs et en lui apportant la sympathie des Français.

Les manifestations sont imposantes et populaires : le 13 mars, à Paris, les mineurs lorrains défilent en criant : « Charlot, des sous ! À la mine Pompidou ! ».

Toutefois, il faut attendre début avril pour que la direction des Charbonnages accepte toutes les revendications : 11 % d’augmentation sur un an, 4ᵉ semaine de congés payés et négociations sur la réduction du temps de travail.

Cependant, l’industrie du charbon est en sursis : le plan Bettencourt de 1968 prévoit la réduction de la production charbonnière à 25 millions de tonnes et la fermeture programmée du bassin charbonnier du Nord-Pas-de-Calais quinze années plus tard, entre 1983 et 1985.

La cérémonie officielle des funérailles des victimes de la catastrophe de Fouquières se tient le samedi 7 février à 10 h, sur la place de la mairie de Fouquières-lès-Lens. De leur côté, les organisations syndicales appellent à une grève générale de 24 heures la veille des funérailles. Elles dénoncent la réduction des effectifs, l’aggravation des conditions de travail et les manquements à la sécurité.

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