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Après la catastrophe de Liévin

Quand la mine poussait ses derniers feux

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Mise à jour le 2 janvier 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Catastrophe de Liévin

Les années qui suivent la catastrophe de Liévin de 1974 sont marquées par l’amplification de la crise qui touche l’industrie minière depuis les années soixante. La mine pousse ses derniers feux.

Si les crises pétrolières de 1973 et de 1979 relancent momentanément l’intérêt pour la production charbonnière qui apparaît comme une alternative au pétrole et si la victoire de François Mitterrand en 1981 soulève des espoirs, la relance de l’activité charbonnière est abandonnée dès 1983. Le président de la République annonce en effet que les sommes destinées à subventionner l’exploitation charbonnière seront allouées à l’accompagnement social de la fin de l’exploitation charbonnière et à la reconversion des sites industriels, en lien avec les collectivités locales.

Le communiste Georges Valbon, à la tête des Charbonnages de France depuis 1982, démissionne à la fin de l’année 1983 du fait du manque de soutien de l’État.

Les formes d’accompagnement de la fermeture des mines

Dix ans après la catastrophe de Liévin, les Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais n’emploient plus que 20 000 travailleurs, dix fois moins que les effectifs de 1947.

Pour faciliter la reconversion d’une industrie qui a longtemps été au cœur de l’économie régionale, plusieurs dispositifs sont mis en place : une convention est ainsi signée en 1984 entre Charbonnages de France et EDF-GDF permettant à 4 000 salariés des Houillères d’être embauchés par la compagnie publique qui se dote de nouvelles centrales électriques dans la foulée du plan Messmer de 1974 qui prévoit la construction de nombreuses centrales nucléaires.

Pour les mineurs encore en activité, des dispositifs de pré-retraite sont mis en place. Le « congé charbonnier de fin de carrière » permet à un mineur à partir de 45 ans ayant effectué 25 ans au fond de la mine de toucher 75 % de son dernier salaire jusqu’à sa pré-retraite garantie à 50 ans.

Les anciens mineurs et leurs ayants droit continuent en outre de bénéficier des avantages du statut du mineur : ils conservent leur logement, bénéficient du chauffage gratuit et de la Sécurité sociale minière avec son réseau de pharmacies, de dispensaires et de médecins des mines.

Il faut cependant attendre 1980 pour que le statut du mineur s’applique aussi aux mineurs marocains, venus en nombre à partir des années soixante travailler dans les mines. Bénéficiant d’un contrat de 18 mois aux Houillères, les mineurs marocains voyaient généralement leur contrat renouvelé, mais à l’issue d’un congé obligatoire de 4 mois durant lesquels ils retournaient au pays et étaient effacés des registres de l’entreprise. En octobre 1980, à l’issue d’une grève d’un mois des 12 000 mineurs marocains, le statut du mineur leur est accordé.

Les mines, objet d’histoire et de mémoire

Tandis que les dernières mines ferment les unes après les autres, l’image du mineur évolue. Elle est au cœur de la chanson Les corons de Pierre Bachelet, succès populaire empreint de nostalgie restant numéro 1 des ventes pendant 4 semaines en juillet 1982, puis devenant disque de platine avec plus d’un million d’exemplaires vendus.

Dix ans après la catastrophe de Liévin, les Houillères du bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais font de la fosse Delloye de Lewarde, promise à la démolition comme les autres, un musée de la mine, le Centre historique minier, qui ouvre ses portes en 1984.

La mine devient objet de mémoire, de littérature et de cinéma. Sorti en 1985, le roman La poussière des corons, de la Leforestoise Marie-Paul Armand, obtient le prix Claude Farrère l’année suivante.

Quelques années plus tard, le film Germinal de Claude Berri, sorti en 1993, adapté du roman de Zola, résonne comme un vibrant hommage au monde de la mine. Une grande partie des 8 000 figurants sont d’anciens mineurs ou des fils de mineurs ; de nombreuses scènes sont tournées à la fosse Arenberg de Wallers et au 9/9 bis de Oignies, le dernier puits de mine à fermer, le 21 décembre 1990.

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