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Histoire

Des espérantistes communistes

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Mise à jour le 21 juillet 2024
Temps de lecture : 3 minutes

Fondé en 1887 par le docteur Ludwik Zamenhof, l’espéranto, cette langue internationale de l’espoir conçue pour « détruire les murs entre les populations et rapprocher les êtres humains pour que chacun d’eux voie dans son prochain seulement un être humain et un frère » a très tôt suscité l’intérêt des militants du mouvement ouvrier.

En août 1921, 79 espérantistes révolutionnaires de 15 pays, venus à Prague pour assister au 13ᵉ congrès de l’Association espérantiste universelle (UEA) font scission et fondent la Sennacieca Asocio Tutmonda (Association mondiale anationale, SAT).

En France, les espérantistes socialistes et communistes sont d’abord rassemblés au sein de la Fédération espérantiste ouvrière (FEO).

Mais Staline se méfie d’une organisation dont les membres correspondent entre eux dans le monde entier et dans laquelle les communistes côtoient des socialistes et de nombreux anarchistes réunis par leur intérêt pour l’espéranto.

L’Internationale communiste provoque la scission de la SAT en 1931 et la création de l’IPE (l’Internationale des espérantistes prolétariens) en 1932. En France, les communistes quittent la FEO pour fonder la Fédération des espérantistes prolétariens (FEP).

En 1934, tandis que la SAT tient son quatorzième congrès à Valence, une conférence internationale de l’IPE se tient à Lille du 12 au 15 août.

À Liévin, après la victoire des communistes aux municipales de 1935, le groupe espérantiste local obtient de la municipalité de Joseph Thiébaut que le nom de Zamenhof soit donné à une rue de la Cité Chouard.

La réunification du mouvement espérantiste sous le Front populaire

Dans le contexte du rassemblement populaire, le mouvement espérantiste se réunifie à l’occasion d’un congrès de fusion organisé à Paris le 12 juillet 1936 entre la FEO d’obédience socialiste et la FEP d’obédience communiste. Dénommée « Fédération Espérantiste du Travail » (FET), la nouvelle organisation unifiée compte environ 2 000 membres.

Un cours espérantiste s’ouvre ainsi en janvier 1937 dans la salle de la mairie de Liévin et à Lens où à la suite de la fête organisée par les Amis de l’Union soviétique le 20 décembre 1936, le groupe local de la FET met en place deux cours d’espéranto par semaine qui se tiennent au siège lensois des Amis de l’Union soviétique.

Au mois d’avril 1937, ce groupe espérantiste lensois célèbre le cinquantième anniversaire de la création de la langue internationale lors d’une fête à laquelle participe Jean Becquart, le secrétaire de la fédération du Nord de la FET en présence du député-maire socialiste de Lens, Alfred Maës, et d’un adjoint au maire communiste de Sallaumines, Maurice Deloison. L’année suivante, les cours gratuits, dispensés par un certain Karl Mavric reprennent chaque dimanche, de 10h à 11h30, à la salle Litschauer.

Au printemps 1939, la Fédération espérantiste du travail du Nord et du Pas-de-Calais tient son congrès régional le 12 mars à Douai. Quinze congressistes passent leur certificat d’études espérantiste. Selon Le Grand Écho du Nord, la FET compterait 48 groupes locaux et 1 500 adhérents dans les deux départements. Deux délégués nordistes sont désignés pour participer au congrès national de la FET, à Nîmes.

L’ambiance au sein de la FET entre communistes et libertaires est si mauvaise que dès 1937, un certain nombre de militants retournent à la SAT.

En URSS, la répression s’abat sur la section soviétique de l’IPE, dont les membres étaient déjà interdits de correspondances individuelles avec l’étranger. Ernest Drezen, le fondateur de l’Association des espérantistes soviétiques, est arrêté le 17 avril 1937 et fusillé pour espionnage et activités contre-révolutionnaires le 27 octobre de la même année. Il sera réhabilité en 1957.

SAT Amikaro (les amis de la SAT) existe toujours aujourd’hui en France. La FET, de son côté, s’est associée à Espéranto-France. Présente sur la Fête de l’Humanité jusqu’en 2012, elle n’a plus guère d’activité et semble aujourd’hui en sommeil.

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