De plus, ma pratique de la flûte est laborieuse et je ne pense pas que les nymphes et nymphettes des alentours seraient particulièrement désireuses de me servir d’auditoire.
Concernant les satyres, j’en étais resté comme vous le voyez et, comme bien d’autres ignorants, à l’image galvaudée d’un être repoussant et puant le bouc. Je véhiculais sans m’en rendre compte des poncifs éculés qui décrivent ces êtres mythologiques comme des personnages libidineux et torves, guettant les nymphes dans les sous-bois afin de les poursuivre de leurs assiduités sexuelles.
Jusqu’au jour où, en conversant avec un érudit dans une exposition, j’ai découvert un autre Marsyas. J’avoue qu’avant cette rencontre, je ne m’étais pas vraiment soucié de la figure fantomatique aux contours flasques et imprécis que l’on découvre parfois sur certains tableaux de maîtres. Que venait faire ce satyre martyrisé par Apollon dans ces œuvres picturales ?
J’ai donc écouté les peintres, contemplé des sculptures, lu des psychanalystes, chacun donnant sa version du mythe ou exprimant une analyse, voire un jugement, sur le personnage et son martyre. Et, curieusement, je n’ai pas encore entendu l’écho de ce mythe chez les…