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Lille

Le Printemps républicain au centre d’une polémique à propos de la laïcité

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Cinéma

C’est une polémique dont le cinéma L’Univers se serait bien passé… Le « Printemps républicain » lui reproche de refuser la diffusion d’un documentaire à l’occasion d’un hommage à Charlie Hebdo, 10 ans après les attentats.

Lieu culturel de proximité, L’Univers est le cinéma du quartier Moulins. Situé en dehors du circuit des salles de cinéma classiques, L’Univers accompagne toute l’année des projets associatifs autour de séances et de films atypiques et originaux depuis maintenant vingt-cinq ans.

Samedi 30 novembre, il proposait ainsi un ciné-débat proposé par l’Association France-Palestine solidarité (AFPS) autour d’Omar, le film réalisé en 2013 par le cinéaste palestinien Hany Abu-Assad.

Depuis plusieurs jours, l’équipe de L’Univers est accusée de censure : Sophie Taïeb, la référente nordiste du « Printemps républicain », reproche au cinéma associatif d’avoir refusé de diffuser le documentaire d’Isabelle Cottenceau consacré à la plaidoirie de Richard Malka lors du procès de l’attentat de Charlie Hebdo, pointant du doigt un « manque de courage ».

La projection du film, qui se serait accompagnée d’une exposition de dessins de Charb, était initialement prévue le 11 janvier 2025, à l’occasion d’une soirée d’hommage, dix ans après les attentats de janvier 2015.

Une vision contestée de la laïcité

L’annulation de la soirée fait écho à d’autres annulations similaires : en 2018, Charlie Hebdo s’était ainsi ému de la demande d’annulation par le syndicat Solidaires Étudiants d’une représentation du texte de Charb, « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes », programmée à l’université Paris VII-Denis Diderot.

C’est Marika Bret, l’ex-DRH de l’hebdomadaire satirique qui préside depuis 2023 le « Printemps républicain ». L’association fondée en 2016, qui dispose de puissants relais médiatiques et politiques, porte depuis sa création une vision de la laïcité contestée par d’autres associations attachées à la défense de la laïcité comme la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou la Ligue de l’enseignement, qui reprochent au Printemps républicain de se focaliser sur l’islam et de cautionner par leur discours les diatribes anti-musulmans de l’extrême droite.

Tandis que la LDH et la Ligue de l’enseignement soulignent que la loi du 9 décembre 1905 est d’abord et avant tout une loi de liberté, qui garantit la liberté de conscience et de culte et organise la neutralité de l’État, le Printemps républicain et ses relais fustigent de soi-disant « accommodements » avec l’islam.

Dans ce contexte, le refus du cinéma L’Univers de diffuser le film d’Isabelle Cottenceau a mis le feu aux poudres. Pour Sophie Taïeb, la décision du cinéma associatif serait politique.

Dans une interview à Europe 1, aujourd’hui dans la galaxie Bolloré, l’ancienne candidate « En Marche » déplore : « Là on est vraiment face à des gens proches de l’extrême gauche qui défendent le communautarisme et qui, quand on leur parle de laïcité entendent islamophobie, ce mot qui ne veut rien dire. Ils refusent que l’on ait la parole et ils refusent de venir pour qu’on en discute face à face tranquillement  ».

Insultes sur les réseaux sociaux

Les accusations du Printemps républicain contre le cinéma L’Univers ont valu au cinéma associatif de nombreux messages d’insultes sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué, l’équipe de L’Univers a annoncé avoir déposé une plainte contre X pour cyberharcèlement le 26 novembre dernier et a tenu à rappeler que la programmation du cinéma associatif est décidée par les associations adhérentes : « aucune tentative de passage en force d’une association non-adhérente, voire de pression d’un mouvement politique sur la programmation du cinéma L’Univers, ne saurait être tolérée ».

La section de Lille de la LDH a apporté son plein soutien au cinéma associatif dans la controverse où il est pris à partie, rappelant que « L’Univers n’est pas un loueur de salle mais un projet collectif, autour d’un lieu culturel de proximité, […] maître de sa programmation et libre de ses engagements ».

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