Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où l’on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité mais aussi refus de la sale guerre d’Indochine. Un film mêlant images de fiction et archives. Une œuvre d’art aujourd’hui reconnue comme telle, de Paul Carpita qui brûlait d’envie de « témoigner de son époque, de pousser un cri contre la guerre et de filmer les petites gens ».
Paul Carpita a rappelé en 1990 les conditions de sa première présentation et de sa saisie par la police. « Le rendez-vous des quais » a été tourné entre 1950 et 1953 dans un Marseille en proie à des tensions sociales importantes. « Après l’avoir présenté au cinéma “Le Rex”, nous décidons de montrer le film le lendemain aux dockers et à leurs familles. À ce moment, quelque chose d’extraordinaire et de dégoûtant se passe. Les camions de CRS investissent le quartier et la police fait irruption dans la salle de cinéma archi comble et saisit les bobines du film dans la cabine de projection ».
S’ensuit une longue bataille pour retrouver les bobines. Après 1981, sa redécouverte et sa première diffusion nationale marquent les temps. Une œuvre d’abord connue pour la violence de la censure, qui…