Marine Le Pen et les autres élus du Rassemblement national sont condamnés à une peine d’inéligibilité. L’ancienne présidente du parti est déclarée coupable de détournement de fonds publics et condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme, aménagés sous bracelet, 100 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire l’empêchant d’être candidate pour l’élection présidentielle de 2027.
Au total, le tribunal estime le préjudice à près de 4,1 millions d’euros. La députée du Pas-de-Calais, 8 eurodéputés et les 12 assistants ont été déclarés coupables. Les enquêtes ont révélé qu’il n’y avait pas de mise en commun du travail des assistants parlementaires, mais bien une mutualisation des enveloppes budgétaires qui leur étaient allouées. Ces détournements de fonds, orchestrés à des fins non prévues par les règles parlementaires, avaient pour objectif principal de soulager le parti qui n’était pas dans sa meilleure forme financière.
« Marine Le Pen est au cœur de ce système depuis 2009 » a rappelé la présidente avant de voir la prévenue s’enfuir avant le déroulé des peines. Celle qui affirmait en 2004 que « tout le monde a piqué de l’argent dans les caisses, sauf le Front national » et qui réclamait en pleine affaire Cahuzac « l’inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l’occasion de leur mandat » dont le « détournement de fonds publics », est désormais condamnée. Le parti politique « le plus poursuivi » de France est en bonne voie pour devenir le « parti le plus condamné » de France.
Les réactions sont nombreuses, tout comme le nombre impressionnant de journalistes français comme étrangers qui se sont massés au sein du tribunal de Paris. Le PCF a rappelé après l’annonce des condamnations que « La justice ne doit pas faire de distinction entre les puissants et les citoyens ».