L’attaque américaine contre le Venezuela et son prétexte nous obligent à clarifier ce que représente le narcotrafic en Amérique latine et notamment les rapports qu’il entretient avec les États-Unis.
Le cas d’école hondurien
Pour comprendre la mécanique d’un véritable narco-État, il faut disséquer le fonctionnement du Honduras sous la présidence de JOH entre 2014 et 2022. Les procureurs américains eux-mêmes, avant que la politique ne reprenne ses droits, avaient qualifié ce régime de « super-autoroute » pour la cocaïne. Il ne s’agissait pas d’une simple corruption passive, mais d’une restructuration des infrastructures nationales au service du trafic : les routes, vantées par le président comme des outils de développement, étaient construites stratégiquement pour faciliter le transport de la drogue. Plus grave encore, les institutions régaliennes, police et armée en tête, étaient totalement « pénétrées » par les trafiquants, garantissant une impunité totale.
L’ampleur du trafic orchestré par l’État hondurien donne le vertige et rend la grâce de Trump d’autant plus scandaleuse. La justice avait établi que JOH avait participé à une conspiration ayant expédié plus de 500 tonnes de…